24 octobre 2020

L’Arménie et l’Azerbaïdjan s’accordent sur un cessez-le-feu négocié par Moscou sur le Haut-Karabakh, s’accusent mutuellement de violations

Peu après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu négocié par la Russie entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, les deux parties se sont accusées mutuellement de violer la trêve et de poursuivre les bombardements.

Même avant la promulgation du cessez-le-feu samedi matin (8h00 GMT), Bakou et Erevan ont échangé des accusations de tirs de missiles et de roquettes sur des zones civiles. Les forces armées arméniennes ont accusé l’Azerbaïdjan de bombarder des zones peuplées à l’intérieur du Karabakh, y compris Stepanakert, la plus grande ville de la région, tandis que l’Azerbaïdjan a accusé l’Arménie de bombarder fortement une zone résidentielle à Ganja et de lancer une attaque à la roquette sur un immeuble d’habitation civil.

Les rapports ont suscité un appel téléphonique entre la chancelière allemande Angela Merkel et son homologue arménien, Nikol Pashinyan, dimanche soir, mais aucun autre détail n’a été divulgué.

Les accusations bilatérales se sont poursuivies lundi, Bakou déclarant que ses positions militaires avaient été bombardées dans la nuit, tandis que le Haut-Karabakh, qui est internationalement reconnu comme faisant partie de l’Azerbaïdjan mais qui est peuplé et gouverné par des Arméniens de souche, a déclaré que ses forces avaient repoussé les attaques de l’armée azérie, a rapporté Reuters.

L’Europe s’inquiète des violations du cessez-le-feu
Le diplomate européen Josep Borrell a exprimé son “extrême préoccupation” concernant les rapports de violation du cessez-le-feu, appelant les parties à respecter l’accord temporaire et priant instamment tous les acteurs, y compris les parties extérieures, de s’abstenir de toute action susceptible de faire de nouvelles victimes.

“Nous notons avec une extrême inquiétude les rapports faisant état de la poursuite des activités militaires, y compris contre des cibles civiles, ainsi que de pertes civiles et nous demandons instamment aux parties de veiller au respect intégral de l’accord sur le terrain”, a déclaré M. Borrell dans une déclaration publiée dimanche.

Il a également exhorté toutes les parties à “engager sans délai des négociations de fond sous les auspices des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, sans conditions préalables et sur la base des principes convenus”.

Bakou et Erevan s’accordent sur un cessez-le-feu
Le fragile cessez-le-feu, conclu tard vendredi après 10 heures de discussions trilatérales à Moscou, visait à mettre fin à près de deux semaines d’hostilités dans la région, et à permettre un échange de prisonniers et la récupération des cadavres.

En annonçant la trêve, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que la Croix-Rouge servirait d’intermédiaire dans l’opération humanitaire une fois le cessez-le-feu entré en vigueur et que les deux parties avaient convenu d’entamer des “pourparlers de fond” sur le règlement du conflit.

Alors que les deux parties avaient jusqu’ici rejeté les appels à mettre fin aux hostilités qui ont fait plus de 400 morts, leur consentement à tenir des pourparlers est intervenu peu après que des médiateurs internationaux de France, de Russie et des États-Unis aient fait les premiers efforts pour résoudre le conflit.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré jeudi au Palais de l’Elysée qu’il espérait qu’une trêve serait conclue “bientôt”, comme l’ont montré les appels lancés jeudi dernier au Premier ministre arménien Pashinyan et vendredi dernier au président azéri Ilham Aliyev, qui ont montré que les deux parties visaient “une reprise des négociations dans les prochains jours”.