19 septembre 2020

L’annonce de l’administration Trump sur le Kosovo ne fait pas bonne impression

La deuxième tentative de l’administration Trump pour réunir les dirigeants kosovars et serbes à la Maison Blanche a réussi le 4 septembre, au moment où Washington et la majorité de la population américaine se rendait à la fête du travail, qui marque traditionnellement la fin de l’été aux États-Unis. Cette réunion de la Maison Blanche et la cérémonie de signature étaient prévues pour la fin juin mais se sont effondrées à la dernière minute, au grand soulagement de nombreux observateurs.

L’écrasante majorité des analystes et observateurs de la région ont été soulagés que l’accord annoncé le 4 septembre se concentre en fait sur le renforcement de la coopération économique bilatérale et ne fasse aucune référence aux échanges territoriaux très controversés entre le Kosovo et la Serbie, qui auraient modifié les frontières existantes et contrarié presque tous les dirigeants européens et la plupart des dirigeants régionaux.

Un accord à la baisse

Le président serbe Aleksander Vucic et le premier ministre du Kosovo Avdullah Hoti ont signé l’accord inédit à la Maison Blanche le 4 septembre, proclamant leur optimisme quant aux liens futurs mais notant que des différences subsistent.

L’accord de normalisation des relations économiques bilatérales devrait se limiter à assouplir certaines mesures commerciales et à ouvrir les liaisons routières, ferroviaires et aériennes entre les deux pays, un processus qui a débuté dans les premiers mois de 2020 avec la signature de deux accords distincts entre les parties réglementant les transports, sous les auspices des États-Unis.

“En se concentrant sur la création d’emplois et la croissance économique, les deux pays ont pu réaliser une véritable percée en matière de coopération économique dans un large éventail de domaines”, a déclaré M. Trump le 4 septembre dans le bureau ovale, en compagnie des deux dirigeants des Balkans.

L’ampleur de tout nouvel engagement américain visant à galvaniser cet accord et à relancer l’activité économique reste incertaine, mais la Maison Blanche a fait tout son possible pour mettre en avant la participation des agences américaines de développement économique à la réunion de la Maison Blanche. Toutefois, contrairement aux cycles précédents d’engagement américain, aucune mission commerciale et d’investissement de haut niveau n’a été annoncée dans la région. L’annonce de la Maison Blanche a été étonnamment fade :

https://www.whitehouse.gov/briefings-statements/statement-president-regarding-economic-normalization-serbia-kosovo/

Les lecteurs de New Europe se souviendront que l’envoyé spécial de M. Trump pour la Serbie et le Kosovo, Richard Grenell, avait été transféré à Washington en février dernier, après avoir été ambassadeur des États-Unis en Allemagne, et avait été brièvement affecté au poste de directeur intérimaire du renseignement national (DNI) jusqu’à ce qu’une nomination permanente soit faite en mai. Grenell a continué à gérer les pourparlers bilatéraux entre Belgrade et Pristina avec le Département d’Etat dans un rôle de soutien, en se concentrant sur l’obtention d’une sorte de victoire en politique étrangère pour Trump, qu’il a soutenu énergiquement pendant une longue période.

La diplomatie au Moyen-Orient… quelques petits pas

Le 4 septembre, le Kosovo a annoncé officiellement qu’il avait accepté d’ouvrir des relations diplomatiques avec Israël, une mesure relativement peu controversée pour ce pays musulman partiellement occidentalisé et qui semble être un petit cadeau d’une année électorale à l’administration du Trump. Parallèlement, la Serbie a accepté de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem d’ici juillet 2021 et d’ouvrir immédiatement un bureau commercial, ce qui en fait le premier pays européen à suivre l’administration Trump en déplaçant les emplacements d’ambassade existants de Tel-Aviv à Jérusalem.

Du point de vue intérieur américain, ces petites avancées, immédiatement saluées par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ne devraient pas apporter beaucoup de voix supplémentaires à la campagne de réélection de Trump de la part de la communauté juive américaine qui s’identifie largement à la population albanaise du Kosovo en raison des politiques anti-albanaises sévères de Belgrade dans les années 1990. La communauté a fortement soutenu la décision du président démocrate de l’époque, Bill Clinton, d’utiliser la force militaire en 1999 pour résoudre la situation humanitaire et de réfugiés désespérée.

Bien qu’aucune relation diplomatique officielle n’ait été établie entre Pristina et Jérusalem jusqu’à présent, les relations entre les deux États ont été cordiales, les diplomates israéliens des pays voisins couvrant l’évolution de la situation au Kosovo et maintenant le contact avec la poignée de citoyens juifs du Kosovo, qui sont pleinement intégrés dans la société kosovare. Plusieurs ONG basées en Israël ont été profondément impliquées dans des projets humanitaires au Kosovo, avec un financement principal de la communauté juive américaine.