15 août 2020

L’ancien V-P Joe Biden remporte officiellement l’investiture démocrate à la présidence

Joe Biden a officiellement remporté l’investiture démocrate à la présidence vendredi, ce qui lui permet de défier le président Donald Trump dans un contexte sans précédent de pandémie, d’effondrement économique et de troubles civils.

L’ancien vice-président est en fait le leader de son parti depuis que son dernier adversaire lors des primaires démocrates, Bernie Sanders, a mis fin à sa campagne en avril.

Mais Biden a réuni les 1 991 délégués nécessaires pour devenir le candidat après que sept États et le District de Columbia aient organisé des primaires présidentielles mardi.

Biden a atteint le seuil trois jours après les primaires parce que plusieurs États, submergés par l’énorme augmentation des votes par correspondance, ont mis des jours à compiler les résultats. Des équipes d’analystes de The Associated Press ont ensuite analysé les votes en fonction des différentes circonscriptions du Congrès.

Les démocrates attribuent la plupart des délégués au congrès national du parti en fonction des résultats obtenus dans les différentes circonscriptions du congrès.

Biden compte désormais 1 993 délégués, et des concours sont encore à venir dans huit États et trois territoires américains.

Ce moment a été accueilli avec peu de fanfare traditionnelle, car la nation est confrontée à des crises qui se chevauchent. Alors que Biden a commencé à s’aventurer davantage cette semaine, la pandémie de coronavirus l’a confiné dans sa maison de Wilmington, dans le Delaware, pendant une grande partie des trois derniers mois.

Le pays est confronté au pire taux de chômage depuis la Grande Dépression. Et les troubles civils qui remontent aux années 1960 ont éclaté dans des dizaines de villes après la mort de George Floyd, un homme noir qui est mort lorsqu’un policier blanc de Minneapolis a enfoncé son genou dans le cou de Floyd pendant plusieurs minutes, même après qu’il eut cessé de bouger et de demander de l’air.

C’est une confluence d’événements qu’aucun dirigeant américain n’a connus à l’époque moderne, rendue encore plus compliquée par un président qui s’est parfois mis à dos les manifestants et qui est désireux de porter le combat à Biden.

Biden a passé 36 ans au Sénat avant de devenir le vice-président de Barack Obama. C’est la troisième fois que Biden, âgé de 77 ans, se présente à la présidence et son succès à obtenir l’investiture démocrate est dû à un fort soutien des électeurs noirs.

Il a terminé à une embarrassante quatrième place dans les caucus de l’Iowa, majoritairement blancs, qui ont lancé le processus de nomination en février. Biden n’a guère mieux réussi lors des primaires du New Hampshire, où sa position était si faible qu’il a quitté l’État avant la fermeture des bureaux de vote le soir du scrutin pour aller rallier les électeurs noirs de Caroline du Sud.

Son rebondissement a commencé dans les caucus les plus divers du Nevada, mais s’est solidifié en Caroline du Sud, où Biden a battu Sanders, son plus proche rival, de près de 29 points. Trois jours plus tard, lors du Super Tuesday, il a dominé les débats en remportant 9 des 13 États.

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La forte présence de Biden dans des États comme la Caroline du Nord, la Virginie, le Tennessee et le Texas a renforcé son statut de candidat démocrate préféré des électeurs afro-américains, mais la relation n’a pas été sans tensions.

Après un échange tendu avec un animateur radio noir influent, Biden a été vivement critiqué pour avoir laissé entendre que les électeurs afro-américains qui se prononcent encore entre lui et Trump ne sont pas noirs.

Ce commentaire, et les protestations qui se sont répandues dans tout le pays, ont accru la pression sur Biden pour qu’il choisisse un colistier afro-américain. Il s’est déjà engagé à choisir une femme comme candidate à la vice-présidence.

Il est peu probable que les électeurs noirs soutiennent largement Trump over Biden. Un récent sondage de Fox News montre que seuls 14 % des Afro-Américains inscrits sur les listes électorales ont une opinion favorable du président, contre 75 % qui voient Biden d’un bon œil.

Mais M. Biden doit s’assurer que les électeurs noirs sont motivés à se rendre aux urnes en novembre, en particulier dans les États où la situation est critique et qui sont allés de justesse au scrutin de 2016.