8 août 2020

L’administration de l’Union européenne durcit sa position contre deux gazoducs russes vers l’Europe

Mercredi, l’administration Trump a redoublé d’efforts pour empêcher l’achèvement des nouveaux pipelines germano-russes et turco-russes en mettant fin aux exemptions de sanctions pour les entreprises participant aux projets et en avertissant qu’elles seront soumises aux sanctions américaines si elles n’arrêtent pas leurs travaux.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo a annoncé que l’administration mettait fin aux clauses de grand-père qui avaient épargné aux entreprises précédemment impliquées dans la construction des oléoducs les sanctions autorisées par la loi “Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act”, une loi de 2017 visant à punir la Russie, en particulier, pour son ingérence dans les élections américaines et d’autres questions.

Cette décision ouvre la voie à l’imposition de sanctions économiques et financières américaines à toute société européenne et étrangère qui travaille sur les projets Nord Stream 2 et TurkStream, y compris celles qui travaillaient sur les pipelines avant le passage de la CAATSA et qui ont été exemptées de ces sanctions.

L’administration Trump a fait pression sur l’Europe, en particulier sur l’Allemagne, pour qu’elle abandonne les pipelines, ce qui, selon elle, augmentera la dépendance du continent à l’égard de l’énergie russe. L’étape de mercredi intervient alors que la législation du Congrès qui rendrait obligatoire l’imposition de sanctions autorisées par la CAATSA avance.

Les États-Unis ont été un adversaire acharné du gazoduc Nord Stream 2, qui transporterait le gaz naturel de la Russie à l’Allemagne sur une distance de 1 200 kilomètres sous la mer Baltique. Avec les pays d’Europe de l’Est qui s’opposent également à ce projet, le gouvernement américain soutient qu’il rendra l’Europe dangereusement dépendante de la Russie.

La menace de sanctions américaines a déjà conduit une entreprise qui n’était pas couverte par la clause de grand-père à suspendre ses travaux sur le pipeline. À la fin de l’année dernière, la société suisse Allseas, qui exploitait des navires posant des sections du gazoduc sous-marin, a déclaré qu’elle arrêtait les travaux en prévision de sanctions.

Nord Stream 2 appartient au groupe russe Gazprom, avec des investissements de plusieurs entreprises européennes. Le gouvernement allemand a déclaré qu’il regrettait la menace de sanctions et qu’il les considérait comme une ingérence dans les affaires intérieures du pays.

Cependant, la chancelière Angela Merkel a clairement indiqué la semaine dernière que l’Allemagne n’envisageait pas de représailles contre les sanctions.

La Russie a toutefois déclaré qu’elle envisageait des mesures de rétorsion. Pompeo a parlé au ministre russe des affaires étrangères Sergey Lavrov lundi, et le président Donald Trump a parlé au président de la Turquie mardi, mais rien n’indique que les pipelines aient été discutés.

Avec TurkStream, le gaz russe passe par la mer Noire pour rejoindre la Turquie. Ensemble, les deux lignes TurkStream de 578 miles sous la mer Noire, ainsi que les conduites terrestres russes et turques, ont la capacité de transporter 31,5 milliards de mètres cubes (1,1 trillion de pieds cubes) de gaz naturel par an.

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