6 août 2020

La Turquie et la Russie s’opposent à une solution militaire en Libye

Le ministère turc des affaires étrangères a annoncé mercredi qu’il avait convenu avec la Russie que le conflit en Libye ne peut être résolu par des moyens militaires et qu’il ne peut l’être que par un processus politique mené par les Nations unies.

Les deux pays continueront à travailler ensemble pour faciliter “l’avancement du dialogue politique intra-libyen”, conformément à la conférence de Berlin sur la Libye de 2020 et en coordination avec les Nations unies, afin de créer “les conditions d’un cessez-le-feu durable et viable”.

Ils ont également déclaré qu’ils “envisageront” de créer un groupe de travail conjoint sur la Libye, et qu’ils inviteront les parties libyennes à prendre des mesures pour “un accès humanitaire sûr et l’acheminement de l’aide d’urgence à tous ceux qui en ont besoin”.

Plus tôt dans la semaine, le porte-parole présidentiel de la Turquie, Ibrahim Kalın avait déclaré dans une interview à CNN International que le pays était “absolument contre” la partition de la Libye, “que ce soit dans la réalité, ou sur la carte, ou politiquement ou géographiquement”. Il a également reproché à Haftar d’avoir fait des ravages dans le pays et d’avoir tenté de prendre le contrôle de la Libye “sans aucune légitimité”.

La Libye est déchirée par un conflit depuis 2011, lorsque le soulèvement soutenu par l’OTAN a renversé le dirigeant de longue date, Mouammar Kadhafi. Dans ce pays déchiré par la guerre, le gouvernement d’entente nationale (GNA), reconnu internationalement et dirigé par Fayez al-Sarraj, s’oppose aux forces de l’armée nationale libyenne (LNA), sous le commandement du général Khalifa Haftar.

Ankara soutient le gouvernement d’accord national (GNA) basé à Tripoli, dirigé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj, avec lequel le pays a signé en 2019 deux accords sur la sécurité et la coopération militaire et la restriction des juridictions maritimes. En juin, le ministère turc des Affaires étrangères a accusé la France d’avoir aggravé la crise en Libye en soutenant le Haftar soutenu par la Russie contre le GNA soutenu par l’ONU.

Macron est en conflit avec Erdogan sur la situation en Libye, les deux pays s’accusant mutuellement de l’escalade du conflit dans ce pays déchiré par la guerre. Paris soutient que le pays ne prend pas parti en Libye et accuse la Turquie de mettre en danger la sécurité européenne en envoyant des combattants syriens en Libye.

Les actions d’Ankara en Méditerranée orientale ont été vivement critiquées par Paris, le président français Emmanuel Macron demandant jeudi que l’UE prenne des sanctions contre ceux qui violent l’espace maritime de la Grèce et de Chypre. L’appel de Macron a été rejeté par le porte-parole présidentiel turc, qui a accusé le président français d’être “agressif” en Libye et de porter atteinte à la sécurité en Afrique du Nord.

Dans une déclaration commune publiée samedi, lors du sommet des 27 dirigeants de l’UE, les dirigeants français, allemands et italiens se sont déclarés prêts à imposer des sanctions aux acteurs étrangers qui violent l’embargo sur les armes en Libye, et ont appelé toutes les parties au conflit et les puissances étrangères qui les soutiennent, sans mentionner un pays en particulier, à mettre fin aux affrontements meurtriers.