15 août 2020

La NASA met la barre plus haut avec son nouveau rover martien “le plus courageux et le plus intelligent”.

Avec huit atterrissages réussis sur Mars, la NASA fait monter la barre plus haut avec son tout nouveau rover.

Le vaisseau spatial Persévérance, dont le décollage est prévu cette semaine, est le plus grand et le plus intelligent des rovers martiens de la NASA.

Il est équipé de la toute dernière technologie d’atterrissage, ainsi que du plus grand nombre de caméras et de microphones jamais assemblés pour capturer les images et les sons de Mars.

Ses tubes de retour d’échantillons super-sanitisés pour les roches qui pourraient contenir des preuves de vie martienne passée sont les objets les plus propres jamais envoyés dans l’espace. Un hélicoptère suit même un vol d’essai dans l’autre monde.

La troisième et dernière mission vers Mars de cet été, après l’orbiteur Hope des Émirats arabes unis et le combo orbiteur-rover Quest for Heavenly Truth de la Chine, commence avec un lancement prévu jeudi matin depuis le cap Canaveral.

Comme les autres vaisseaux spatiaux, Persévérance devrait atteindre la planète rouge en février prochain, après un voyage de sept mois et de plus de 480 millions de kilomètres.

Le Perseverance, un véhicule à six roues de la taille d’une voiture, est une copie du rover Curiosity de la NASA, qui rôde sur Mars depuis 2012, mais avec plus d’améliorations et de volume.

Son bras robotique de 2 mètres a une prise plus forte et une plus grande foreuse pour la collecte d’échantillons de roche, et il est équipé de 23 caméras, la plupart en couleur, plus deux autres sur Ingenuity, l’hélicoptère autostoppeur.

Les caméras fourniront le premier aperçu d’un parachute s’ouvrant sur Mars, avec deux microphones permettant aux terriens d’écouter pour la première fois.

Le cratère de Jezero, qui a déjà abrité un delta de rivière et un lac, est le site d’atterrissage martien le plus risqué de la NASA à ce jour, en raison des rochers et des falaises, que les systèmes d’auto-navigation du vaisseau spatial devraient permettre d’éviter.

La persévérance a aussi une plus grande capacité d’auto-conduite, elle peut donc couvrir plus de terrain que la curiosité. Ces améliorations entraînent un coût de mission plus élevé : près de 3 milliards de dollars.

La persévérance permettra de forer dans les roches les plus susceptibles de contenir des signes de vie ancienne et de cacher la collection sur le sol en attendant un futur rover.

Quarante-trois tubes à échantillons sont à bord de ce rover, chacun d’eux étant méticuleusement nettoyé et cuit pour éliminer les microbes terrestres.

La NASA veut éviter d’introduire des molécules organiques de la Terre dans les échantillons martiens qui reviennent. Chaque tube peut contenir 15 grammes de carottes, et le but est de rassembler environ 0,5 kilogramme pour le retour sur Terre.

La NASA espère lancer la mission de ramassage en 2026 et ramener les échantillons sur Terre au plus tôt en 2031.

L’hélicoptère de 1,8 kilo (4 livres), Ingenuity, se rendra sur Mars en agrippant le ventre du rover et, quelques mois après l’atterrissage, tentera de voler en solo. Une fois tombé sur la surface martienne, Ingenuity partira comme un bébé oiseau, s’élèvera de 3 mètres dans l’atmosphère extrêmement fine de la planète et volera jusqu’à 2 mètres.

A chaque tentative, il tentera d’aller un peu plus haut et plus loin. C’est vraiment comme le moment des frères Wright, a déclaré le chef de projet MiMi Aung. Elle a un mois pour faire le plus grand nombre de sauts d’hélicoptère possible avant que le rover ne passe à des travaux géologiques plus urgents.

L’avenir pourrait voir des hélicoptères de nouvelle génération partir à la recherche d’astronautes ou même de robots sur le territoire martien.

Outre l’hélicoptère, Persévérance transporte d’autres expériences qui pourraient bénéficier directement aux astronautes sur Mars.

Un instrument de la taille d’une batterie de voiture transformera le dioxyde de carbone atmosphérique en oxygène, un ingrédient essentiel pour le propergol des fusées et les systèmes respiratoires.

Un autre instrument, qui zappe les roches à l’aide de lasers pour identifier les molécules organiques et les minéraux, transporte des échantillons de matériel de combinaison spatiale.

La NASA veut voir comment les tissus résistent au rude environnement martien.

Selon la NASA, il faudra attendre au mieux les années 2030 pour que les astronautes s’aventurent sur Mars.