22 septembre 2020

La France renforce sa présence militaire en Méditerranée orientale

Le président français Emmanuel Macron a déclaré mercredi que la France augmentera temporairement sa présence militaire en Méditerranée orientale, pour soutenir la Grèce dans son conflit avec Ankara, concernant les ressources énergétiques de la région.

La décision a été annoncée dans un message Twitter mercredi, le président français tweetant à la fois en français et en grec, que “la situation en Méditerranée orientale est préoccupante. Les décisions unilatérales de la Turquie en matière d’exploration pétrolière provoquent des tensions. Celles-ci doivent cesser afin de permettre un dialogue pacifique entre les pays voisins et les alliés au sein de l’OTAN”.

La décision de Macron a également été confirmé par les forces armées du pays, qui a déclaré jeudi que la France enverra deux avions de chasse Rafale et la frégate navale “Lafayette” pour effectuer des exercices avec les forces grecques.

L’objectif de la démarche de Paris était de “renforcer l’appréciation autonome de la situation et d’affirmer l’attachement de la France à la libre circulation, à la sécurité de la navigation maritime en Méditerranée et au respect du droit international”, peut-on lire dans la déclaration.

Des sources de la Défense grecque ont confirmé que l’armée française a effectué des exercices d’entraînement avec les forces grecques au large de l’île méridionale de Crète jeudi.

En Méditerranée orientale, Ankara a multiplié les provocations, avec son navire de recherche Oruc Reic opérant sur le plateau continental grec, accompagné de navires de guerre. Le président turc Recep Tayyip Erdogan fait pression pour un dialogue avec Athènes sur les ressources en hydrocarbures de la région, et bien que la Grèce ait signalé sa volonté de tenir des discussions bilatérales, le pays déclare qu’il est impossible de relancer le dialogue dans un “climat de tension”.

Dans un contexte de tensions croissantes dans la région, les ministres des affaires étrangères du bloc devraient se réunir virtuellement vendredi pour discuter de la question, ainsi que de l’élection présidentielle en Biélorussie et des récents développements au Liban.

Au début de la semaine, le ministre grec des affaires étrangères, Nikos Dendias, et Mitsotakis avaient tous deux demandé une réunion d’urgence pour préserver le soutien de l’UE dans la lutte contre les provocations de la Turquie dans la région, et pour discuter d’éventuelles mesures pour Ankara.