5 août 2020

La France impose une interdiction de facto sur les équipements Huawei 5G, selon un rapport

Les autorités françaises ont déclaré aux opérateurs de télécommunications qui prévoient d’acheter des équipements Huawei 5G qu’ils ne pourront pas renouveler les licences pour ces équipements une fois qu’elles auront expiré, ce qui aura pour effet de retirer progressivement l’entreprise chinoise des réseaux mobiles, selon trois sources proches du dossier. Comme d’autres pays d’Europe, la France prépare le terrain pour son marché de la téléphonie mobile 5G de prochaine génération au milieu d’une tempête géopolitique croissante entre deux superpuissances mondiales.

Les États-Unis affirment que le matériel de la société pourrait être utilisé par le gouvernement chinois à des fins d’espionnage – une accusation que rejettent Huawei et Pékin – et ont fait pression sur leurs alliés pour l’interdire.

L’agence française de cybersécurité, l’ANSSI, a déclaré ce mois-ci qu’elle permettrait aux opérateurs d’utiliser des équipements, y compris ceux de Huawei, sous licence de trois à huit ans. Mais elle a ajouté qu’elle exhortait les opérateurs de télécommunications qui n’utilisent pas actuellement le matériel de la société chinoise à éviter de passer à ce matériel. Les opérateurs doivent chacun demander des dizaines de licences pour des équipements couvrant différentes parties du pays. Selon les sources, l’ANSSI a informé les opérateurs de la plupart des décisions de licences pour les grandes villes. Ils ont déclaré que la plupart des autorisations pour les équipements Huawei étaient pour trois ou cinq ans, alors que la plupart de celles pour les équipements des rivaux européens Ericsson ou Nokia ont reçu des licences de huit ans. Les décisions de l’ANSSI n’ont pas été rendues publiques, ni par l’agence ni par les entreprises.

Les sources ont ajouté que les opérateurs avaient également été informés par les autorités françaises, lors de conversations informelles au cours des derniers mois, et non pas formellement dans des documents, que les licences accordées pour les équipements Huawei ne seraient pas renouvelées par la suite. L’ANSSI a refusé de commenter. De telles restrictions, cependant, équivaudraient à un retrait progressif de facto de Huawei au sein des réseaux 5G français d’ici 2028, étant donné la courte durée des licences, selon les sources, qui ont refusé d’être nommées en raison de la sensibilité de la question. Huawei a refusé de commenter.