8 août 2020

La France avertit la Pologne des “conséquences” financières de sa sortie du traité anti-violence

Le ministre français des affaires européennes récemment nommé, Clément Beaune, a mis en garde mercredi la Pologne sur les “conséquences” financières de son retrait d’un traité européen sur la prévention de la violence contre les femmes.

“Il y aura des conséquences si cela arrive”, a déclaré Beaune à la radio France Inter, selon Reuters. Beaune, qui a remplacé Amélie de Montchalin, a ajouté que Varsovie pourrait être “frappée dans le portefeuille”, grâce aux nouveaux mécanismes du bloc prévus dans le cadre financier pluriannuel (CFP) pour 2021-2027.

Son avertissement fait suite à l’annonce du ministre de la Justice et procureur général de Pologne, Zbigniew Ziobro, qui a déclaré samedi que son ministère soumettrait une demande au ministère du Travail et de la Famille pour entamer le processus de retrait de la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe.

Ziobro, qui représente un petit parti de droite, au sein de la coalition au pouvoir avec le parti Droit et Justice (PiS), a soutenu que le pays dispose d’outils juridiques suffisants pour protéger les victimes de la violence domestique, et que le traité contre la violence signé par la Pologne en 2015, viole les droits des parents, en exigeant que les écoles enseignent aux enfants le genre d’un point de vue sociologique.

Cette annonce a suscité un tollé, des milliers de manifestants ayant pris les rues de la capitale et d’autres villes au cours du week-end pour protester contre le plan du gouvernement.

Des inquiétudes ont également été exprimées par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et son secrétaire général, ainsi que par les législateurs européens, qui ont appelé l’Union européenne à adhérer à la convention d’Istanbul et à prendre des mesures concernant la situation en Pologne.

Dimanche, le parti au pouvoir en Pologne, le parti Droit et Justice (PiS), a pris ses distances par rapport à l’annonce, citant que tout le monde dans la coalition n’était pas favorable à la décision de retrait.

La Convention d’Istanbul est le premier instrument juridiquement contraignant consacré à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et constitue un jalon dans l’histoire de la protection des droits des femmes. Elle fournit une définition de la violence fondée sur le sexe et le genre et prévoit, entre autres, la criminalisation des abus tels que les mutilations génitales féminines (MGF), le viol conjugal et le mariage forcé.