18 septembre 2020

La fin de l’après-guerre civile Beyrouth

Jadis le joyau du Moyen-Orient sur la Méditerranée, la capitale libanaise Beyrouth a, depuis son indépendance de la France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, souffert de décennies de scandales de corruption, d’assassinats, de querelles interethniques, d’une guerre civile de 15 ans qui a transformé le “Paris du Proche-Orient”, jadis élégant, en une vision cauchemardesque de l’enfer sur terre, et d’une résurrection qui a vu la ville renaître comme l’ombre traumatisée de son ancien moi, prise en otage par le puissant groupe terroriste Hezbollah soutenu par l’Iran.

Mais l’explosion massive qui a déchiré le centre de la ville le 4 août et qui a tué des dizaines de Bérutis et blessé des milliers d’autres personnes est le plus macabre et le plus injuste des innombrables traumatismes qui ont été infligés à Beyrouth.

La négligence et la corruption ont été la carte de visite de la politique libanaise, mais jamais elles n’ont fait l’objet d’un affichage aussi viscéral que lorsque la forme de district d’un champignon atomique induit par la pression a détruit le port de Beyrouth. Le port était essentiel à l’infrastructure du Liban après 15 ans de guerre civile.

Mais les décennies de pourriture à tous les niveaux des institutions libanaises, et la prise de contrôle de l’État par le Hezbollah et ses acolytes, ont forcé un gouvernement national libanais déjà impuissant et une population de plus en plus en colère à faire face à une nouvelle catastrophe inutile.

Dans les semaines et les mois à venir, il incombe à la communauté internationale, y compris à l’Union européenne, de veiller à ce que ce qui émerge de cette dernière catastrophe ne soit pas un retour à l’approche corrompue du “business as usual” qui a régi les affaires libanaises pendant les années qui ont suivi la fin de la guerre civile et de l’occupation syrienne.

Le Liban aura besoin d’une aide extérieure massive pour éviter une catastrophe sanitaire majeure et le gouvernement libanais serait sage d’accepter toutes les conditions nécessaires pour obtenir l’aide qu’il pourra trouver. Cependant, cela implique de couper les ailes du Hezbollah et de mettre fin à l’influence de l’Iran au Liban afin d’obtenir enfin un État plus transparent et pleinement opérationnel qui puisse garantir qu’une autre tragédie comme celle-ci sera évitée.

Cela permettra enfin de mettre un terme à l’héritage de la guerre civile au Liban.