12 août 2020

La Commission rejette 6 demandes de financement pour des jumelages avec des villes polonaises en raison de politiques anti-LGBT

La Commission européenne a rejeté le financement, dans le cadre d’un programme de jumelage, de six villes polonaises qui se sont déclarées “libres de toute idéologie LGBTI”.

La décision de rejeter les candidatures des villes au motif qu’elles ne sont pas conformes à l’objectif du programme “égalité d’accès et non-discrimination” a également été confirmée sur Twitter, par la commissaire à l’égalité Helena Dalli, qui a écrit que “les valeurs et les droits fondamentaux de l’UE doivent être respectés par les États membres et les autorités des États”.

La décision de l’UE a été rejetée par le ministre de la justice du pays, Zbigniew Ziobro, qui l’a condamnée, la qualifiant de discrimination à l’égard des citoyens et des collectivités locales polonais.

“L’Union doit respecter l’égalité de tous ses citoyens, qui ont le droit de former librement leurs opinions et leurs croyances”, a écrit Ziobro dans un post sur Facebook jeudi, accusant également la Commission de retenir les fonds de l’UE dans le but d’atteindre ses objectifs “idéologiques”.

“Sous le prétexte de l’État de droit, la Commission voulait collecter des milliards sur les fonds polonais que nous méritons si nous ne poursuivons pas un programme important pour des commissaires idéologiquement impliqués qui tentent d’imposer leurs vues aux autres !

Au début du mois de juillet, l’exécutif de l’UE avait averti qu’il pourrait réduire l’aide aux régions qui discriminent les personnes LGBT, suite à l’annonce par le conseil local du village de Konskowola, dans l’est de la Pologne, qu’il était “exempt d’idéologie LGBT”.

A la veille des élections législatives de l’automne, les gouvernements locaux polonais avaient adopté des résolutions créant des zones interdisant la tolérance à l’égard des minorités sexuelles. Bien que la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle soit illégale en Pologne et que les résolutions ne soient pas juridiquement contraignantes, elles ont appelé les autorités locales à “s’abstenir de toute action encourageant la tolérance à l’égard des personnes LGBTI et à ne fournir aucune aide financière aux ONG œuvrant pour l’égalité des droits”.

Cette décision a été fortement critiquée par les législateurs européens, qui ont demandé à la Commission de contrôler la manière dont les fonds européens sont utilisés, accusant les municipalités polonaises de refuser l’aide financière aux ONG de défense des droits de l’homme.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2015, le parti au pouvoir, le PiS (Law and Justice), s’était engagé à défendre les valeurs familiales traditionnelles. Le président sortant du pays, Andrej Duda, a été vivement critiqué pour sa rhétorique anti-LGBT. En effet, lors de sa campagne préélectorale, il s’était engagé à garantir que les couples homosexuels ne pourraient pas adopter d’enfants et à empêcher l’enseignement des droits des LGBT dans les écoles publiques.