27 octobre 2020

Chypre bloque les sanctions de l’UE contre le Belarus

Lundi, les ministres des affaires étrangères de l’UE n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur des sanctions à l’encontre du Belarus, après que Chypre a bloqué le plan, en raison de la position du bloc contre les activités de la Turquie en Méditerranée orientale.

Chypre refuse de signer le texte juridique, à moins que l’UE ne donne son accord pour imposer des sanctions à la Turquie en raison de ses forages illégaux dans les eaux territoriales de la Grèce et de Chypre.

“Notre réaction à tout type de violation de nos valeurs et principes fondamentaux ne peut être à la carte. Elle doit être cohérente”, a déclaré le ministre chypriote des affaires étrangères, Nikos Christodoulides.

La décision de Nicosie est intervenue près d’un mois après que le bloc ait accepté de sanctionner jusqu’à 20 hauts fonctionnaires biélorusses pour leur rôle dans les élections “truquées” et la répression policière des manifestants qui a suivi.

“Bien qu’il y ait une volonté claire d’adopter ces sanctions, il n’a pas été possible de le faire aujourd’hui, car l’unanimité requise n’a pas été atteinte”, a déclaré le chef de la politique étrangère de l’Union, Josep Borrell, aux journalistes après la réunion.

Il a ajouté qu’il espérait voir un accord conclu lors du prochain Conseil Affaires étrangères (CAE), prévu pour le 12 octobre, en disant notamment que la crédibilité de l’Union “est en jeu”.

La semaine dernière, les législateurs européens ont demandé que des sanctions soient prises à l’encontre des personnes responsables de la falsification des résultats des élections et de la répression violente en Biélorussie, notamment à l’encontre du dirigeant de longue date Alexandre Loukachenko et des empoisonneurs du critique du Kremlin, Alexei Navalny.

S’adressant aux députés européens lundi, la candidate de l’opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaya, a également exhorté l’UE à être “courageuse” dans ses prochaines démarches concernant la situation en Biélorussie, en demandant des élections équitables et la solidarité avec le peuple biélorusse, ainsi que des sanctions de l’UE contre les individus, dans le cadre d’une loi Magnitsky de style européen.