12 août 2020

Alors que les vacanciers font preuve de prudence, la France voit une nouvelle vague de Covid-19

Au coucher du soleil, leur fête bat son plein, avec un invité indésirable : le coronavirus.

Une épidémie chez des jeunes de 18 à 25 ans dans une station balnéaire de la côte bretonne cristallise les craintes d’une nouvelle flambée du virus en France, sur le dos des vacanciers qui lancent la mise en garde Covid-19 aux vents d’été.

Avec 72 infections à la date du mercredi, principalement dans cette tranche d’âge, découvertes au cours d’une semaine de recherche intensive des contacts, on pense que le groupe de la péninsule de Quiberon a été créé par un employé d’été d’un supermarché qui faisait la fête avec d’autres personnes dans un nightpot.

Il est en train de devenir un cas d’école du virus qui monte les générations les unes contre les autres.

Le plus haut responsable régional du gouvernement, un ancien soldat et officier de renseignement d’une cinquantaine d’années, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer l’irresponsabilité des jeunes qui passent leurs vacances ou vivent ici, qui se rassemblent en grand nombre pour des festivités la nuit, en ignorant le danger.

Le fonctionnaire, Patrice Faure, préfet du Morbihan, a personnellement signifié un ordre de fermeture de deux mois d’une discothèque de Quiberon, l’Hacienda Café.

Parmi les boîtes de nuit où se réunissaient les personnes désormais infectées, elle a contourné l’interdiction nationale des coronavirus dans les boîtes de nuit en se transformant en abreuvoir de nuit, bloquant sa piste de danse avec des tables et des tabourets de bar.

Les propriétaires ont déclaré au journal régional Ouest-France qu’ils incitaient les clients à porter des masques, mais ils ont également noté : Ils sont jeunes, en vacances ou faisant un travail d’été, et ils ont bu.

Ils n’ont pas écouté. Bien que les autorités affirment que l’épidémie est sous contrôle, la péninsule qui était autrefois une plaque tournante de la pêche à la sardine est devenue un point d’ignition pour les craintes que la France ne recule dans l’épidémie qui a infecté plus de 185 000 personnes et tué au moins 30 200 personnes dans le pays.

Les taux d’infection augmentent et les autorités avertissent que les gens ne tiennent pas compte des appels au bon sens alors que des millions de personnes se délectent de la pause de juillet-août dans le pays.

À Paris, l’infirmier Damien Vaillant-Foulquier craint qu’une deuxième vague d’infections ne fasse dérailler les plans que lui et sa femme, également infirmière, ont élaborés pour rejoindre l’exode à la mi-août.

Son hôpital, qui a réussi à vider ses unités de soins intensifs après avoir surmonté la vague initiale, voit déjà de nouveaux patients atteints de Covid-19 et demande aux infirmières stagiaires si elles seront là plus tard dans l’été pour travailler, a-t-il dit.

A l’hôpital, nous sentons l’arrivée de la deuxième vague”, a-t-il déclaré. Je suis déprimé car j’ai l’impression que les gens ne voient pas le danger et ont oublié pourquoi nous étions enfermés chez nous.

En parcourant récemment la capitale française à vélo, j’ai vu que les bars des grands boulevards avaient été transformés en boîtes de nuit, pleines à l’intérieur et à l’extérieur, tout le monde dansait, sans masque, rien, absolument aucun respect de la distance sociale, a dit M. Vaillant-Foulquier.

Les jeunes sont souvent accusés de ne pas être responsables, mais ce ne sont pas seulement les jeunes, a-t-il dit.

Romain Arnal, un étudiant de 20 ans, fait partie de ceux qui ont baissé leurs cheveux et leur garde à Quiberon. Il y passe ses vacances chaque année et y retrouve une amie de vacances qu’il a rencontrée pour la première fois dans la station il y a trois étés.

Quand nous sommes en petits groupes, avec des amis, nous ne faisons pas vraiment attention, même si ce sont des gens que nous venons de rencontrer. Nous nous invitons les uns les autres, sans masque, évidemment”, dit-il.

Inquiet par le pic d’infection, Arnal dit qu’il s’est rendu à une station de test improvisée installée à Quiberon pour contenir l’épidémie, mais qu’il a été déjoué par les longues files d’attente.

Les autorités ont insisté pour que tout le monde se fasse tester, en particulier les fêtards de l’Hacienda. C’est une tâche gigantesque dans la péninsule, où la population passe de 5 000 à 60 000 habitants en été.

Quiberon a rendu le port du masque obligatoire dans certaines de ses rues les plus fréquentées, rejoignant ainsi d’autres villes de vacances en allant plus loin que l’obligation nationale de porter un masque dans tous les espaces publics intérieurs.

Elle a également imposé des couvre-feux nocturnes sur les plages et les parcs publics, craignant que les jeunes ne présentant pas de symptômes ne transmettent le coronavirus aux personnes en mauvaise santé.