Des ONG déposent plainte en France contre des entreprises de confection pour la main-d’œuvre ouïghoure

PARIS (AFP) – Une alliance d’ONG a appelé en France une enquête sur quatre fabricants de vêtements multinationaux, les accusant de profiter du travail forcé de la minorité ouïghoure en Chine, ont-ils déclaré vendredi 9 avril.

La plainte vise les géants de l’habillement Inditex, Uniqlo et SMCP, ainsi que le fabricant de chaussures Skechers, qu’il a accusé de travail forcé dissimulé et de crimes contre l’humanité dans la production des marchandises.

La plainte a été déposée par le groupe anti-corruption Sherpa; l’ONG Ethique, qui est la branche française de la Campagne Vêtements Propres; et l’Institut ouïghour d’Europe, ainsi qu’une femme ouïghoure qui avait été détenue dans un camp au Xinjiang en Chine.

Dans un communiqué, les organisations non gouvernementales ont déclaré que la plainte visait à fournir aux autorités françaises des preuves que les entreprises étaient impliquées dans les travaux forcés auxquels, selon elles, des Ouïghours ont été soumis dans les camps chinois.

Il “dénonce l’impunité de ces acteurs face aux violations commises dans le cadre de la mondialisation économique”, ont-ils déclaré.

Ils ont accusé les quatre sociétés, ainsi que d’autres entités, de continuer à commercialiser des produits utilisant du coton produit dans la région du Xinjiang et d’être ainsi “complices des crimes graves commis dans cette région”.

Selon le communiqué, la plainte était la première d’un certain nombre de pétitions de ce type qui seraient déposées dans les pays européens dans les mois à venir.

Les groupes de défense des droits estiment qu’au moins un million d’Ouïghours et d’autres minorités majoritairement musulmanes ont été incarcérés dans des camps de la région du Xinjiang, où la Chine est également accusée d’avoir stérilisé de force des femmes et imposé des travaux forcés.

Les États-Unis affirment qu’un «génocide» a été infligé aux Ouïghours et à d’autres minorités musulmanes de la région, tandis que Pékin a nié toutes les allégations d’abus et a insisté sur le fait que sa politique au Xinjiang était nécessaire pour contrer l’extrémisme violent.