Sophie Benoiton 10 avril 2019
Depuis l'Italie, Salvini lance une alliance d'extrême droite européenne

“Aujourd’hui, l’UE représente un cauchemar”, a déclaré le ministre de l’Intérieur et homme fort du gouvernement italien.

L’homme fort du gouvernement italien et leader de l’extrême droite, Matteo Salvini, a lancé lundi à Milan son projet d’alliance pour les élections européennes du 26 mai.

“Nous élargissons la communauté, la famille, nous travaillons sur un nouveau rêve européen”, a déclaré Salvini avec Jörg Meuthen, du Parti alternatif pour l’Allemagne (AfD), Olli Kotro, de True Finns et Anders Vistisen, Parti populaire danois. Le leader de l’extrême droite française, Marine Le Pene, et le parti espagnol Vox, que Salvini avait invité, étaient portés disparus.

“Aujourd’hui, l’Union européenne représente un cauchemar pour de nombreux peuples et citoyens“, a ajouté Salvini, illustrant le projet d’une “Europe du bon sens, des gens qui lèvent la tête.

Son intention est de s’imposer comme leader d’un bloc italien, le pays qu’il a conquis avec sa rhétorique extrémiste, puisque les sondages lui donnent actuellement une intention de vote de plus de 30%, le parti le plus voté. Son discours contre l’immigration illégale et son mantra des “Italiens d’abord” ont imprégné l’électorat.

Il Capitano, comme l’appellent ses partisans, a promis de travailler pour une Europe qui donne la priorité “au travail, à la famille, à la sécurité, à la protection de l’environnement et au futur des jeunes”.

Salvini reconnaît cependant que les mouvements d’extrême droite ont encore des “différences”, même s’ils sont unis par “les mêmes traditions et identités”.

Le leader ultra-conservateur italien a accusé l’alliance entre chrétiens démocrates et socialistes d’être responsable de “la pauvreté, l’incertitude, les litiges et l’insécurité” qui règnent sur le continent.

“Le rêve européen a été étouffé par les bureaucrates, les banquiers, les gens bien intentionnés qui gouvernent l’Europe depuis longtemps, a-t-il déploré.

Salvini a confirmé qu’une réunion des ultraconservateurs d’Europe se tiendrait le 18 mai, à laquelle la Française Le Pen a déclaré qu’elle participerait.

L’extrême droite européenne est divisée en trois blocs (PPE, ENL et CRE).

Alors que la Ligue avec Le Pen fait partie du groupe Europe des nations et des libertés (ENL), les Finlandais et les Danois appartiennent au groupe des conservateurs et réformistes européens (ECR). Fidesz, le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban, est avec le Parti populaire européen (PPE), bien qu’il ait été suspendu.

Malgré des similitudes évidentes (euroscepticisme, hostilité à l’égard de l’Islam politique, rejet de la gauche multiculturelle), les extrémistes d’extrême droite européens sont très différents les uns des autres. Entre l’AfD allemande, adepte de l’économie de marché et la vision protectionniste de la RN française, l’écart est grand.

La Ligue et le parti au pouvoir en Pologne Droit et Justice (PiS), deux défenseurs des racines chrétiennes de l’Europe, font également face à la RN française, qui considère la laïcité comme une priorité. La connexion russe est également un problème. Les nationalistes polonais ou finlandais n’apprécient guère l’éloge de Le Pen et Salvini pour le président russe Vladimir Poutine.

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