Déclaration d’ouverture, Conférence de presse COVID-19, 11 février 2021

Remarques du Dr Matshidiso Moeti, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique

Salutations et bienvenue à tous les journalistes et collègues qui se joignent à cette conférence de presse. Bonjour et bienvenue à tous les collègues journalistes.

Je suis heureux d’être rejoint aujourd’hui par Son Excellence le Dr Hala Zaid, ministre de la santé et de la population de l’Égypte, qui a été le premier pays d’Afrique à détecter un cas de COVID-19. Son Excellence le Dr Zaid partagera avec nous ses réflexions sur la réponse de l’Égypte à ce virus au cours de l’année écoulée. Je vous souhaite chaleureusement la bienvenue, Votre Excellence. Merci de vous être joint à nous.

Et je suis également très heureux d’être rejoint par le professeur Peter Piot, directeur de la London School of Hygiene and Tropical Medicine et vétéran de la lutte contre les virus, qui partagera ces expériences et parlera de son expérience en tant que survivant de COVID-19 et de la façon dont l’expérience de l’Afrique face à cette pandémie se compare à celle d’autres régions. Il se trouve que Peter a également été mon patron dans le passé. Je vous souhaite la bienvenue, Professeur Piot.

Le 14 février marque le premier anniversaire de la confirmation du premier cas de COVID-19 en Afrique. Aujourd’hui, nous allons donc revenir sur une année de réussites, de défis et d’apprentissage dans le cadre de la réponse de l’Afrique à la pandémie.

Au cours de la première année de cette pandémie en Afrique, plus de 3,7 millions de cas ont été signalés et, dans la semaine à venir, le continent devrait passer le cap dévastateur des 100 000 vies malheureusement perdues à cause de ce virus.

Le continent africain ne représente que 3,5 % des cas et 4 % des décès dans le monde. Les pays africains ont relevé le défi de COVID-19, mais à un coût énorme pour les économies nationales, les moyens de subsistance des familles et le développement du continent. En Afrique subsaharienne, le PIB a chuté de 2,6 % l’année dernière et le FMI prévoit que l’Afrique sera la grande région à la croissance la plus lente en 2021. Les conséquences socio-économiques de cette pandémie auront des répercussions continues pendant plusieurs années dans les pays africains.

Au cours de l’année dernière, l’Afrique a connu deux vagues de COVID-19. La première a été contenue de manière relativement efficace grâce à des capacités de santé publique rapidement renforcées, des mesures sociales, comme la fermeture des frontières et les commandes de séjours à domicile à des coûts énormes, nous l’avons déjà dit, mais aussi des partenariats innovants, y compris avec le secteur privé, et la force d’âme et la persévérance des communautés africaines.

Pour pallier les pénuries de fournitures essentielles, l’OMS et ses partenaires ont créé (à titre d’exemple de certaines des activités d’intervention), le portail d’approvisionnement des Nations Unies qui a permis d’expédier plus de 3400 concentrateurs d’oxygène, 70 millions d’articles d’équipement de protection individuelle et 12 millions de tests de laboratoire aux pays africains.

Or, la deuxième vague, qui semble avoir atteint son point culminant en janvier, a été bien plus meurtrière que la première. Les décès dus à COVID-19 ont augmenté de 40 % au cours des 28 derniers jours, par rapport aux 28 jours précédents.

L’augmentation du nombre de décès dus à COVID-19 est un avertissement tragique que les travailleurs de la santé et les systèmes de santé de nombreux pays sont dangereusement surchargés.

Ce jalon d’un an intervient alors que le continent est confronté à la propagation de nouvelles souches du virus. La variante B.1.351, détectée pour la première fois en Afrique du Sud, a maintenant été détectée dans huit pays africains, tandis que la variante B.1.1.7 identifiée au Royaume-Uni a été détectée dans six pays du continent.

Cette semaine, l’Afrique du Sud a annoncé dans un premier temps qu’elle allait interrompre le déploiement du vaccin Oxford/AstraZeneca en raison d’une étude indiquant que le vaccin est moins efficace pour prévenir les infections légères et modérées avec la nouvelle variante qui domine dans le pays. Le gouvernement a également annoncé qu’il utiliserait désormais ce vaccin, mais en grande partie à titre expérimental auprès des travailleurs de la santé plus âgés, afin de disposer de meilleures données sur l’impact de ce vaccin sur les formes plus graves de la maladie.

Hier, le groupe consultatif stratégique d’experts sur la vaccination de l’OMS, également connu sous le nom de SAGE, a recommandé aux pays d’utiliser le vaccin AstraZeneca pour les groupes prioritaires, même si des variantes sont présentes dans un pays, pendant que des recherches supplémentaires sont menées.

Ces résultats préliminaires mettent en évidence le besoin urgent d’une approche coordonnée pour la surveillance et l’évaluation des variantes et de leur impact potentiel sur l’efficacité des vaccins. L’OMS continuera à suivre la situation et à fournir des mises à jour à mesure que de nouvelles données seront disponibles. Nous informerons également les pays et soutiendrons leur analyse de la situation pour les décisions concernant l’utilisation des vaccins.

Si un vaccin qui protège contre toutes les formes de maladie COVID-19 est notre plus grand espoir, il est crucial de prévenir les cas graves et les hospitalisations qui submergent les hôpitaux et les systèmes de santé. Si les cas restent pour la plupart légers et modérés et ne nécessitent pas de soins intensifs, nous pouvons alors sauver de nombreuses vies.

Mon message aux gens est donc le suivant : sortez et faites-vous vacciner dès qu’un vaccin sera disponible dans votre pays.

Garantir un accès équitable aux vaccins COVID-19 et maintenir les mesures de santé publique sont les priorités essentielles pour surmonter cette crise.

En conclusion, je voudrais également mentionner que la République démocratique du Congo a signalé une nouvelle épidémie de la maladie du virus Ebola à Butembo, dans la province du Nord Kivu. Jusqu’à présent, la maladie a été confirmée chez deux personnes, qui sont malheureusement décédées, et 200 contacts sont en cours de traçage. Nous allons bien sûr travailler avec le gouvernement pour surmonter cette épidémie, comme nous l’avons fait dans le passé avec nos partenaires.

J’aimerais donc vous remercier une fois de plus de vous être joints à nous et j’attends avec impatience notre discussion.

Je vous remercie.