Confirmation de la condamnation à 20 ans d’un diplomate iranien pour le complot d’attentat contre la France – FRANCE 24

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Bruxelles (AFP)

La peine de 20 ans d’un diplomate iranien en Belgique pour avoir comploté pour bombarder un rassemblement de l’opposition en dehors de Paris a été confirmée mercredi après qu’il n’a pas fait appel, ont déclaré son avocat et les procureurs.

Assadollah Assadi, 49 ans, a été condamné en février par un tribunal d’Anvers pour avoir fourni des explosifs pour l’attaque prévue le 30 juin 2018 contre le groupe d’opposition en exil, le Conseil national de la résistance en Iran (CNRI).

“J’ai confirmé aujourd’hui que M. Assadi ne souhaitait pas faire appel”, a déclaré à l’AFP son avocat, Dimitri de Beco, ajoutant que son client conteste la légitimité de la justice belge.

Un porte-parole du parquet fédéral belge a confirmé que “l’avocat de M. Assadi n’a pas interjeté appel” de la condamnation.

Trois individus condamnés à entre 15 et 18 ans de prison en tant que complices maintiennent leurs recours contre leurs condamnations, a déclaré le porte-parole. Ces arguments doivent être entendus vers la mi-novembre.

L’Iran a vivement protesté contre la condamnation d’Assadi. Quelques jours après le verdict Février, le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de Belgique à Téhéran pour transmettre sa fureur.

– Attaque déjouée –

La police belge a contrecarré l’attaque de 2018 en interceptant une voiture transportant la bombe, agissant sur les informations recueillies par plusieurs services de renseignement européens.

Assadi, qui était alors attaché à l’ambassade d’Iran en Autriche, a été arrêté le lendemain en Allemagne, où il a été jugé incapable de revendiquer l’immunité diplomatique.

Les enquêteurs ont conclu qu’il était un agent iranien travaillant sous couvert diplomatique.

Le tribunal a jugé le 4 février qu’Assadi était coupable d’une tentative d’attentat «à caractère terroriste» et de «participation aux activités d’un groupe terroriste» avant de lui infliger la peine maximale.

Le procès comportait des images de surveillance d’Assadi habillé en touriste, avec un chapeau et une caméra, remettant un colis à un couple au Luxembourg le 28 juin 2018.

Le couple – Nasimeh Naami et Amir Saadouni, tous deux de nationalité irano-belge – aurait accepté d’Assadi un demi-kilogramme d’explosifs TATP et un détonateur.

Un autre irano-belge, l’ancien dissident Mehrdad Arefani, a également été reconnu coupable d’être un complice, chargé de guider le couple vers le rassemblement.

– “ Conspiration terroriste ” –

Le rassemblement du CNRI comprenait des hauts dirigeants du groupe dissident et des partisans de premier plan, notamment l’avocat personnel de l’ancien président américain Donald Trump, Rudy Giuliani.

Dans une déclaration mercredi, la dirigeante du CNRI, Maryam Radjavi, a déclaré que la “conspiration terroriste” montrait que les ambassades et les centres culturels soutenus par l’État dans l’UE devraient être fermés et les réfugiés iraniens agissant en tant qu ‘”agents du régime” devraient être expulsés.

L’avocat du CNRI dans cette affaire, Georges-Henri Beauthier, a déclaré à l’AFP que la grande victoire dans la condamnation d’Assadi était que “le tribunal avait établi que le complot d’attaque avait été provoqué par l’Etat iranien et que le verdict était définitif”.

Il a ajouté que “nous pourrions craindre que l’Etat iranien veuille mener d’autres actions en Europe, étant donné qu’il a perdu ce cycle”.

On craint également que l’Iran ne cherche à faire pression sur la Belgique pour qu’elle libère Assadi en détenant davantage de ressortissants européens.

Un universitaire irano-suédois invité à l’université belge de la VUB, Ahmadreza Djalali, a été condamné à mort par le régime iranien, qui l’a accusé d’espionnage.