Adrien Juzac 8 juillet 2019
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Le PDG de Total Patrick Pouyanné a annoncé samedi la création d’une business unit ayant pour but d’investir dans la préservation des forêts. Cette déclaration arrive en pleine polémique sur sa bioraffinerie de La Mède (Bouches-de-Rhône), fonctionnant en partie avec de l’huile de palme.

Investissement dans les forêts pour éliminer le carbone

«Nous voulons constituer une +business unit+ pour investir dans des projets qui préserveront les forêts pour un budget de 100 millions de dollars par an», a annoncé M. Pouyanné au cours d’un débat aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence. «Le moyen le plus efficace aujourd’hui d’éliminer le carbone, pour moins de dix dollars la tonne, c’est la reforestation», a déclaré le dirigeant du groupe pétrolier français.

Pour éliminer le carbone, il faut miser sur la reforestation.

«Ce n’est pas de la philanthropie, ça se veut être de l’investissement à moyen et long terme. Un projet pour les forêts, il faut qu’il dure longtemps pour être positif pour la planète», a-t-il ajouté.

Ce n’est pas de la philanthropie.

La bioraffinerie d’agrocarburants de Total à La Mède, l’une des plus grandes d’Europe, a entamé sa production ce mois-ci. Et ce malgré la mobilisation des associations de défense de l’environnement.

Investissement dans les forêts : quid de la Mède ?

La Mède fonctionne pour moitié sur la transformation d’huile de palme importée.  Cette usine fait face à une vive contestation des agriculteurs, pour une fois unis dans la mobilisation avec les défenseurs de l’environnement. Le groupe Total a assuré compléter la certification de son huile de palme par le biais d’un procédé spécifique de contrôle de la durabilité et du respect des droits de l’Homme. Celui-ci s’assurera de la limitation du nombre de fournisseurs, de leur acceptation d’être audités par un expert tiers…

Une huile de palme certifiée et complétée par des process internes

A Aix-en-Provence, M. Pouyanné  a délcaré que l’huile de palme utilisée à La Mède ne provenait pas de la déforestation. Selon lui, sa traçabilité est garantit. Les ONG demandent plus de transparence sur l’origine de cette huile. Elle remettent même en cause l’efficacité de certifications comme les labels RSPO ou ISCC.