25 janvier 2021
Allocution liminaire du Directeur général de l’OMS lors du point presse sur la COVID-19 — 4 décembre 2020

Allocution liminaire du Directeur général de l’OMS lors du point presse sur la COVID-19 — 4 décembre 2020

  • La pandémie est encore loin d’être terminée et les décisions que prendront les dirigeants et les citoyens dans les prochains jours détermineront à la fois la trajectoire que prendra le virus à court terme et le moment où cette pandémie prendra fin.
  • Avec l’arrivée des vaccins, il est très important qu’ils soient distribués équitablement dans le monde entier. Une nouvelle initiative 100/100 — une course menée par l’OMS, l’UNICEF, la Banque mondiale, le Fonds mondial et Gavi — a vocation à aider 100 pays à réaliser des évaluations rapides de l’état de préparation et des plans propres à chacun d’entre eux dans un délai de 100 jours pour les vaccins et les autres outils de lutte contre la COVID-19.
  • Il est primordial de veiller à ce que les dirigeants communiquent avec leur population sur l’importance de la vaccination et lui précisent comment et où l’obtenir. Le Groupe consultatif technique de l’OMS sur les connaissances et les sciences comportementales pour la santé a publié cette semaine un rapport sur la meilleure façon d’assurer une large couverture des nouveaux vaccins anti-COVID-19.
  • J’annonce la mise en place d’un Conseil OMS de la jeunesse, qui fournira des avis sur les principaux problèmes de santé et de développement qui touchent les jeunes.

Bonjour, bon après-midi ou bonsoir.

Cette semaine, j’ai été heureux de constater que l’organisme chargé de la réglementation des médicaments et des produits de santé au Royaume-Uni a accordé une autorisation d’urgence pour le déploiement du vaccin anti-COVID-19 de Pfizer/BioNTech.

Il s’agit là d’une étape scientifique majeure pour le monde entier, au même titre que les conclusions britanniques sur la dexaméthasone cet été, car les vaccins seront essentiels dans la lutte contre la COVID‑19.

Les progrès en matière de vaccin nous regonflent le moral et nous pouvons désormais apercevoir la lumière au bout du tunnel.

L’OMS s’inquiète cependant du sentiment de plus en plus partagé selon lequel nous en aurions fini avec la pandémie

La vérité, c’est qu’à l’heure actuelle, la transmission du virus est très élevée en de nombreux endroits, ce qui fait peser une pression énorme sur les hôpitaux, les unités de soins intensifs et les agents de santé.

Certains pays d’Europe sont parvenus à réduire la transmission du virus en mettant en place des mesures rigoureuses pour restreindre les contacts entre les personnes.

Comme nous l’avons vu précédemment, il est important que les gens continuent de suivre les dispositions prises à l’échelon national et local pour s’assurer que les cas ne repartent pas à la hausse avec la levée de ces mesures.

Même pendant le déploiement des vaccins, il faudra continuer de respecter les mesures de santé publique pour que tout le monde soit protégé.

Nous savons que l’année a été difficile et que les gens sont fatigués, mais dans les hôpitaux qui fonctionnent à pleine capacité, voire au-delà, la situation ne saurait être plus difficile.

La demande que j’adresse personnellement à chacune et à chacun est simple : s’il vous plaît, soyez prudents, pensez aux agents de santé et agissez pour le bien de tous, parce que cela permettra de sauver des vies et de préserver des moyens de subsistance.

La pandémie est encore loin d’être terminée et les décisions que prendront les dirigeants et les citoyens dans les prochains jours détermineront à la fois la trajectoire que prendra le virus à court terme et le moment où cette pandémie prendra fin.

===

Avec l’arrivée des vaccins, il est très important qu’ils soient distribués équitablement dans le monde entier.

Depuis que GAVI, la CEPI et l’OMS ont mis en place le Mécanisme COVAX en avril dernier, 189 pays et économies lui ont apporté leur soutien.

L’OMS collabore avec ses partenaires à tous les niveaux en œuvrant à encourager la fabrication des vaccins anti-COVID-19 et à en assurer le déploiement.

Une nouvelle initiative 100/100 — une course menée par l’OMS, l’UNICEF, la Banque mondiale, le Fonds mondial et Gavi — a vocation à aider 100 pays à réaliser des évaluations rapides de l’état de préparation et des plans propres à chacun d’entre eux dans un délai de 100 jours pour les vaccins et les autres outils de lutte contre la COVID-19.

Tout d’abord, nous demandons à tous les pays de faire une évaluation de leur état de préparation qui tienne compte de la chaîne du froid, de la capacité des agents de santé, de la micro-planification, des premières populations cibles et de la formation.

Les résultats de cette évaluation serviront de fondement aux plans nationaux de déploiement et de vaccination, qui préciseront les modalités de déploiement des vaccins anti-COVID-19 et recenseront les éventuels goulets d’étranglement avec lesquels il faudra compter.

Pour les décideurs, cela passera par l’adoption des lois et des politiques nécessaires pour accélérer le processus, en veillant à ce que les procédures réglementaires soient adaptées aux besoins et en confirmant le financement.

Le Mécanisme COVAX, qui est le volet vaccins de l’Accélérateur ACT, a pour mission de fournir des doses pour permettre à ses 189 pays et économies de vacciner les personnes les plus exposées aux risques que fait courir le virus.

Au cours de la première phase du déploiement, un nombre suffisant de doses sera fourni pour couvrir les agents de santé et d’aide à la personne.

À mesure que les stocks augmenteront, les vaccins seront déployés pour couvrir 20 pour cent de la population des pays et économies participants, ce qui permettra de toucher d’autres populations à haut risque.

Les retombées seront énormes.

De nouvelles études menées par le groupe Eurasia ont révélé que les avantages économiques d’une solution équitable en matière de vaccins pour seulement 10 pays à revenu élevé s’élèveraient à au moins 153 milliards de dollars É.-U. en 2020-2021, pour atteindre 466 milliards de dollars d’ici 2025.

Le Mécanisme COVAX a déjà obtenu 700 millions de doses de trois vaccins et nous entendons employer des fonds supplémentaires l’année prochaine pour nous assurer qu’au moins deux milliards de doses de vaccins efficaces et sans danger soient disponibles dans le monde entier.

Pour que cet effort devienne une réalité, l’Accélérateur ACT a besoin d’urgence d’une injection de fonds de 4,3 milliards de dollars É.-U. pour avancer plus rapidement dans des domaines de travail critiques et veiller à ce que les tests rapides, les traitements et les nouveaux vaccins soient distribués équitablement.

Une distribution équitable est un choix aussi opportun que judicieux.

===

En plus de s’assurer que tout soit en ordre du côté de l’approvisionnement, de la fabrication, de la logistique et des fonds, il est primordial de veiller à ce que les dirigeants communiquent avec leur population sur l’importance de la vaccination et lui précisent comment et où l’obtenir.

Le Groupe consultatif technique de l’OMS sur les connaissances et les sciences comportementales pour la santé, présidé par le professeur Cass Sunstein, a publié cette semaine un rapport sur la meilleure façon d’assurer une large couverture des nouveaux vaccins anti-COVID-19.

Ce rapport fournit les premières leçons et recommandations.

Cependant, comme pour tout ce qui a trait à cette pandémie, nous devons apprendre vite et être prêts à adapter rapidement nos stratégies.

Le professeur Sunstein est à mes côtés pour évoquer plus en détail la meilleure façon de mieux faire accepter et adopter les vaccins anti-COVID-19.

===

Professeur, vous avez la parole.

===

Merci professeur. Je partage totalement votre avis sur la nécessité d’avoir un dialogue ouvert avec la population sur les vaccins contre la COVID-19 si nous voulons garantir qu’ils seront effectivement déployés dans un avenir proche.

===

Il est important que tous les groupes aient leur mot à dire sur l’avenir de la santé et de la planète.

À cet égard, j’annonce aujourd’hui la mise en place d’un Conseil OMS de la jeunesse, qui fournira des avis sur les principaux problèmes de santé et de développement qui touchent les jeunes.

La COVID-19 a eu de profondes répercussions sur les jeunes, notamment sur leur santé mentale.

Le Conseil de la jeunesse servira de lieu d’échange pour concevoir et faire germer de nouvelles initiatives, ainsi que pour maintenir et étendre les importantes initiatives existantes de l’OMS en matière de participation des jeunes.

Il travaillera avec des organismes traitant d’un large éventail de questions de santé qui touchent les jeunes d’aujourd’hui.

Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir, ils sont le présent et nous devons écouter leurs avis et nous intéresser à leur vécu pour construire ensemble le monde de l’après-pandémie.

Je vous remercie.