Air France et Airbus vont être jugés pour le crash de Rio-Paris en 2009, selon un tribunal français – FRANCE 24 Français

Publié le:

Air France et Airbus doivent être jugés pour homicide involontaire coupable suite à l’accident de 2009 d’un vol Rio de Janeiro-Paris qui a tué les 228 personnes à bord, a statué mercredi un tribunal parisien.

Le vol AF447 a plongé dans l’océan Atlantique lors d’une tempête le 1er juin 2009, le crash le plus meurtrier de l’histoire d’Air France.

Avec cette décision, le tribunal a suivi la recommandation du procureur, annulant une décision de justice antérieure d’abandonner l’affaire contre le porte-étendard français et le premier constructeur aéronautique européen.

Les avocats d’Airbus ont immédiatement déclaré qu’ils allaient faire appel.

Il a fallu deux ans pour trouver l’épave de l’avion Airbus A330, qui a finalement été localisée par des sous-marins télécommandés à une profondeur de 3 900 mètres (13 000 pieds).

Les enquêteurs ont déterminé que l’accident avait été causé par des erreurs de pilote, qui avaient été désorientées par un équipement de surveillance de la vitesse défectueux.

L’appel du parquet général à un procès pour homicide involontaire coupable contre Air France et Airbus est allé au-delà de la demande initiale du procureur de Paris que seule Air France fasse face à des accusations d’homicide involontaire coupable.

Les deux équipes de poursuite ont contesté la décision de 2019 d’abandonner les charges des deux juges d’instruction affectés à l’affaire, qui ont déclaré ne pas pouvoir imputer la faute aux entreprises dans ce qui semblait être un cas d’erreur de pilote.

Mais les procureurs accusent Air France d’avoir indirectement causé le drame en dispensant une formation insuffisante sur la manière de réagir en cas de dysfonctionnement des tubes dits de Pitot, qui permettent aux pilotes de surveiller leur vitesse.

Les pilotes ont mal réagi lorsque l’avion a calé après le gel des capteurs de vitesse.

La décision de la cour d’appel de Paris était très attendue par les familles des victimes.

“C’est une immense satisfaction de sentir que nous avons enfin été entendus par les tribunaux”, a déclaré Daniele Lamy, président d’une association de familles de victimes, après la décision de mercredi.

Depuis la catastrophe, la formation des pilotes à la gestion des imprévus s’est intensifiée en France et dans plusieurs autres pays.

(AFP)